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07
2009
Gratuitisme: ce post est gratuit et les mots que j’invente aussi
Qui, ici, aime les trucs gratuits? Qui va me répondre non?
C’est l’objet d’un article du New Yorker de cette semaine, « Priced to sell » par Malcom Gladwell, une intéressante étude sur le pouvoir du 0$, mais surtout un commentaire du livre de Chris Anderson, « Free : The Future of radical Price ». Prochain bouquin sur ma liste à lire.

Le milieu de l’information est particulièrement touché par cette vague de «gratuitisme», de l’Internet qui devient de plus en plus la source première d’information aux journaux gratuits distribués à la porte des stations de métro.
Si certains crient à la fin du journalisme professionnel, je préfère me questionner sur le changement de nature de l’information. D’un produit marchand, elle est peut-être plus perçue de nos jours comme un ensemble d’idée qui peut et doit voyager d’un interlocuteur à un autre sans barrière de prix. Comme ces chansons et ces poèmes qui faisaient l’Histoire à une autre époque, l’information prend son sens aujourd’hui dans la transmission plutôt que dans le produit même.
Cependant, la gratuité a-t-elle un prix? Je me demande comment il sera possible pour le consommateur de contrôler, à long terme, l’information qu’il veut et va recevoir. En plus, il faut bien que quelqu’un paie, quelque part. L’article du New Yorker présente le cas de YouTube: les administrateurs ont dû se rendre à l’évidence qu’il fallait trouver, et rapidement, une solution à ce problème. Voici un extrait de l’article :
«So how does YouTube bring in revenue? Well, it tries to sell advertisements alongside its videos. The problem is that the videos attracted by psychological Free—pirated material, cat videos, and other forms of user-generated content—are not the sort of thing that advertisers want to be associated with. In order to sell advertising, YouTube has had to buy the rights to professionally produced content, such as television shows and movies. Credit Suisse put the cost of those licenses in 2009 at roughly two hundred and sixty million dollars. For Anderson, YouTube illustrates the principle that Free removes the necessity of aesthetic judgment. (As he puts it, YouTube proves that “crap is in the eye of the beholder.”) But, in order to make money, YouTube has been obliged to pay for programs that aren’t crap. To recap: YouTube is a great example of Free, except that Free technology ends up not being Free because of the way consumers respond to Free, fatally compromising YouTube’s ability to make money around Free, and forcing it to retreat from the “abundance thinking” that lies at the heart of Free. Credit Suisse estimates that YouTube will lose close to half a billion dollars this year.»
Tout ne peut pas être gratuit. Certains auteurs/blogueurs ont réussi à faire de la gratuité leur moteur à lectorat et à bidou, la plus puissante forme de publicité qu’il soit. Je prends l’exemple de Leo Babauta, le créateur de Zen Habits et Write to Done, deux blogs hypers populaires qui font fréquemment les Tops 10 anglophones les plus lus. Il a réussi à rendre rentable ses blogs : l’auteur demande à ses lecteurs de financer ses projets, par des dons, en échange d’un site de qualité, renouvelé régulièrement, et (presque) sans pub. Il y a quand même un transfert d’argent quelque part!
Leo Babauta vend maintenant des ebooks et n’écrit que très rarement sur ses blogs. Au contraire, il invite d’autres blogueurs anglophones à participer aux sites ce qui les rend beaucoup plus intéressants (en plus d’offrir une sacré visibilité à ces autres auteurs). Il a réussi à se créer un fan base assez important pour vivre de sa «web-pige».
Comme quoi publier pour rien peut, éventuellement, rapporter gros.

July 13th, 2009 at 02:54
Un accès trop facile à l’information n’est pas nécessairement une bonne chose. Être bombardé d’articles du journal Métro, du 24 heures ou de ce genre de quotidiens gratuits, je n’appelle pas ça être informé. Sans désir d’être informé, il est impossible de vraiment prendre position face à ce qu’on lit. Il est facile alors de faire gober n’importe quoi à une très grande majorité de gens. Si on a vraiment le désir de savoir, on devrait être prêt à investir. Les journaux gratuits, en plus d’être une source d’information pauvre, sont un gaspillage énorme de papier. Qui n’a jamais vu ces quotidiens dans les poubelles, sur les sièges du métro ou simplement par terre?!
Léola Danylo Says:
September 13th, 2009 at 19:24
Pour ma part je me méfie de tous les courriels que je peux recevoir et qui sont censés m’informer. On ne cite pas les références, on adopte un ton parfois moralisateur, et on n’incite pas à la réflexion.
Bien sûr c’est intéressant d’avoir à accès à l’information par divers médiums, mais finalement tout se répète, comme un reportage à CNN qu’on va repasser à tous les 30 minutes.
Bref en fin ce compte c’est notre jugement et notre gros bon sens qui devraient nous guider dans notre recherche d’information, et pas seulement la disponibilité facile et l’immédiateté…